Préparer votre campagne 2026 dans le respect des bonnes pratiques
Afin de vous accompagner dans la préparation de votre campagne 2026, nous mettons à votre disposition un ensemble de ressources dédiées à l’utilisation responsable des produits phytosanitaires. Vous y trouverez les guides d’utilisation, les informations relatives aux obligations et à la réglementation en vigueur, ainsi que les différentes solutions alternatives disponibles.
Ces ressources ont pour objectif de vous aider à faire des choix techniques éclairés, tout en respectant les bonnes pratiques agricoles, la sécurité des utilisateurs et la protection de l’environnement.
Les informations présentées sont valables à la date de leur publication. Nous vous invitons à vérifier régulièrement qu’elles restent bien applicables, notamment en cas d’évolution de la réglementation.
Rédigé par la société
pour le compte du
– 01/01/2026 – Agrément n°AL10059 – distribution et application des produits phytopharmaceutiques
DOCUMENTS DE RÉFÉRENCE – CAMPAGNE 2026

SOMMAIRE :
- 1 #protéger-sa-santé
- 2 #bien-se-former
- 3 #bien-utiliser-les-produits
- 4 #pulvérisation
- 5 #bien-stocker-ses-produits
- 6 #rappels-règlementaires
- 7 #méthodes-alternatives
1. PROTÉGER SA SANTÉ
Connaître la réglementation
Les Équipements de Protection Individuelle (EPI) ou Équipements de Protection Personnelle (EPP) assurent la protection de toute personne manipulant des substances dangereuses pour la santé. Ces équipements sont mis à la disposition des salariés par l’employeur et doivent être adaptés aux risques liés à chaque activité, conformément aux dispositions du code du travail, article L4321-1 et suivants et article 6 du décret 87-361 du 27 mai 1987.
Il va de soi que l’exploitant agricole, s’il est son propre patron, a le devoir de se protéger en portant les EPI adaptés aux risques encourus.
Identifier les risques
Dans le domaine agricole, il existe de nombreux « produits dangereux ».
Avant d’utiliser l’un d’entre eux, il vaut mieux évaluer le risque qu’il représente. Pour cela, il suffit de :
- lire attentivement l’étiquette du produit et chercher les phrases de risque associées «H»
- lire la Fiche de Données de Sécurité (FDS) du produit. Elle renseigne sur les EPI appropriés à l’utilisation du produit concerné.
BIEN LES CHOISIR ET LES UTILISER
Le choix des EPI
Le choix des EPI n’est pas dû au hasard. Il est nécessaire de porter des équipements adaptés aux différentes phases de manipulation des produits de protection des plantes. Les EPI sont en vente dans nos magasins. Renseignez-vous !

Les bons gestes à adopter
- Stocker les EPI hors du local phytos dans un endroit sec et à l’abri de la poussière, surtout le masque pour éviter de le saturer avant usage
- Rincer à l’eau et sécher après toute utilisation les lunettes, gants, masque, combinaison et bottes
- Se laver les mains et le visage avant d’enlever lunettes, masque et gants
- Opter pour des combinaisons de protection chimique adaptées à l’usage
- Ne pas prêter ses EPI car ce sont des équipements individuels
- Mettre dans une sache les EPI usagés et les ramener sur un site collecteur de PPNU
Dans tous les cas, il faut veiller à porter des EPI adaptés à sa morphologie et confortables.
Quand renouveler les cartouches des masques ?
La durée d’utilisation d’un filtre dépend de sa capacité d’absorption ou de filtrtaion, de la concentration des contaminants, du rythme respiratoire, de la température, de l’humidité, de l’hygiène.
Pour les gaz et vapeurs possédant de bonnes propriétés d’auto-avertissement (odeur perceptible), on considère que les filtres anti-gaz auront atteint la saturation d’absorption (claquage) dès la perception de l’odeur.
Pour les gaz et vapeurs délétères (très toxiques) ou inodores, il est préférable de n’utiliser les filtres qu’une seule fois.
Pour les particules, la limite d’utilisation du filtre est signifiée par une résistance inspiratoire.
2. BIEN SE FORMER
LE CERTIPHYTO
Toute personne qui manipule ou applique des produits phytosanitaires doit être en possession d’un
Certiphyto spécifique à son activité.
Né il y a dix ans maintenant, le certificat phytosanitaire est obligatoire pour l’acquisition, l’application, la distribution et le conseil de produits phytosanitaires depuis la mise en place du plan Ecophyto.
La législation impose le renouvellement du certificat dans un délai compris entre entre 12 mois avant et 3 mois après la date d’échéance.
Exemple : pour une certification avec une fin de validité à décembre 2025

Délivrance du Certiphyto
Dans un souci de simplification et de clarification du dispositif, il existe désormais 5 types de certificats différents (contre 9 auparavant) selon la répartition ci-dessous :

Ce renouvellement peut se faire par formation d’une journée, ou validé suite à un test. Afin de vous permettre d’être en conformité, nous vous proposons de suivre une session de test de renouvellement Certiphyto précédé par un rappel des bases réglementaires, uniquement sur une demi-journée.
Attention cette session de renouvellement n’est pas éligible au financement VIVEA ou OCAPIAT– FAFSEA !
Les obligations du distributeur
Depuis le 26 novembre 2015, nous ne pouvons plus :
- vendre des produits phytopharmaceutiques à un agriculteur qui ne nous prouve pas qu’il est titulaire du Certiphyto,
- remettre des produits à une personne qui n’est pas nommément désignée par l’agriculteur.
En effet, l’agrément distributeur nous impose :
- d’enregistrer dans le compte client votre numéro Certiphyto et sa date de fin de validité afin de nous
assurer de votre qualité d’utilisateur professionnel - de faire signer les conditions générales de vente chaque année.
C’est pourquoi, si vous ne l’avez pas encore fait, transmettez une copie de votre Certiphyto ainsi que
tous vos délégataires à votre technicien-commercial.
3. BIEN UTILISER LES PRODUITS
OÙ TROUVER LES INFORMATIONS ?
Lire l’étiquette
Avant d’utiliser un produit, il faut bien lire l’étiquette sur le bidon car elle vous renseigne sur de nombreux points comme le montre la figure ci-dessous.
Par contre, l’étiquette ne vous dit jamais si l’AMM du produit est toujours valable. Pour ce faire, consulter le site web e-phy de l’ANSES : http://ephy.anses.fr/

Consulter la FDS
La Fiche de Données de Sécurité (FDS) contient des informations complémentaires à celles de l’étiquette (composition, indicateur de toxicité, conditions de stockage et de transport…).
Pour les exploitations qui emploient des salariés, ces fiches doivent être disponibles et connues de ces derniers. Attention, les FDS sont des documents qui peuvent évoluer, assurez-vous d’avoir toujours à disposition la dernière mise à jour. Les FDS sont consultables et téléchargeables sur le site web : www.quickfds.fr
Attention à la formulation !
L’ordre d’incorporation des produits dans la
cuve a son importance.
Faites attention à ce critère lorsque vous mélangez plusieurs produits dont les types de formulation sont différents.
En cas de difficulté, n’hésitez pas à demander à votre vendeur comment accéder aux FDS

LES MÉLANGES
Arrêté « Mélanges » du 12 juin 2015 (avec mention du danger H du règlement CLP).

POINTS ET COURS D’EAU
Un point d’eau est défini par un trait continu (point d’eau permanent) ou pointillé (point d’eau temporaire) sur les cartes IGN 1/25000e.
La liste par département est la même que celle de la conditionnalité des aides PAC. Le cas échéant, des arrêtés préfectoraux élargissent la définition aux fossés.
Pour le Haut-Rhin : http://carto.geo-ide.application.developpement-durable.gouv.fr/826/Haut_rhin_Cours_Eaux_Police_Eau.map
Pour le Bas-Rhin : https://carto2.geo-ide.din.developpement-durable.gouv.fr/frontoffice/?map=cb29baf5-0332-473c-8f0cc7b97373a470
TRAITEMENTS ET ABEILLES
Les conseils suivants sont issus des recommandations publiées par la FNSEA, l’AGPM, l’AGPB, et Arvalis.
Le premier d’entre eux est de se renseigner pour savoir si des ruches sont situées à proximité de vos parcelles.
Mais, il est aussi bon de savoir que :
- les céréales à paille ne sont pas attractives pour les abeilles. Par conséquent, ces cultures ne sont pas fréquentées par les abeilles en période de floraison ;
- le maïs ne produit pas de nectar mais du pollen qui constitue un aliment important pour les ruches.
Cette période dure environ 8 jours.
Ce qui peut aussi attirer les abeilles, c’est le miellat produit par les pucerons en cas de forte infestation (> 40 pucerons/épi). Or, un insecticide est recommandé dès qu’un épi sur deux est colonisé par des pucerons, niveau bien inférieur à celui d’une forte infestation.
Un nouvel arrêté « mention abeille » du 21/11/21
Le précédent encadrait l’usage des insecticides et acaricides en vue de protéger les abeilles et autres pollinisateurs, dorénavant l’interdiction d’application pendant la floraison des cultures est étendue à tous les produits phytopharmaceutiques (insecticides, acaricides, herbicides, fongicides, régulateur, molluscicides…). Une dérogation à ce principe général est accordée selon 2 conditions :
- disposer pour chaque produit d’une « mention abeille »
- appliquer les produits dans les 2h qui précedent le coucher du soleil et dans les 3h qui suivent le coucher du soleil.
DÉLAI DE RÉENTRÉE (DRE)
Le délai de réentrée (DRE) est la durée pendant laquelle il est interdit aux personnes de pénétrer sur ou
dans les lieux où a été appliqué un produit. Il s’exprime en heures.
Il existe un délai minimum à respecter :
- cultures à l’intérieur de locaux (types serres, tunnels, abris…) : 8 heures après la fin de la pulvérisation suivi d’une ventilation des locaux ;
- culture au champ : au moins 6 heures après la fin de la pulvérisation afin que le végétal puisse sécher.
Un DRE supérieur peut être défini en fonction du risque encouru par l’applicateur, comme l’illustre le tableau ci-dessous :

Délai de rentrée minimum de 48h : pour tous les produits comportant au moins une des mentions de dangers suivants : H340 ; H341 ; H350 ; H351 ; H360 ; H361 ou H362.
DÉLAI AVANT RÉCOLTE (DAR)
Le délai avant récolte (DAR) est la durée minimale à respecter entre le dernier traitement d’une culture et sa récolte. Il s’exprime en jours ou en stade de la culture. Par défaut, le DAR est au minimum de 3 jours. Pour un produit donné, il est spécifique pour chaque usage (culture).
ZONE NON TRAITÉE (ZNT)
La zone non traitée est une zone qui ne doit pas recevoir de traitement. Elle s’exprime en mètres. Aujourd’hui, plusieurs ZNT existent :
ZNT / points et cours d’eau
Elle est spécifique au produit pour un usage précis et est précisée sur l’étiquette. Par défaut, une ZNT minimum de 5 mètres doit être respectée.
L’arrêté du 27 décembre 2019 définit 3 classes de ZNT (5, 20 et 50 m) et 100 m pour un risque exceptionnel.
Certaines conditions, si elles sont remplies simultanément, permettent le changement de classe de ZNT :
- dispositif végétalisé permanent d’au moins 5 m de largeur, arbustif pour les cultures hautes (hauteur haie = hauteur culture) et herbacé ou arbustif pour les autres
- moyens pour limiter la dérive comme les buses antidérive
- enregistrement de toutes les applications de produits effectuées à la parcelle.
La liste des points d’eau concernés est définie par arrêté préfectoral. La cartographie est disponible sur Internet.
ZNT / Zones adjacentes non cultivées
Cette mention accompagne les AMM. Elle est spécifique au produit pour un usage précis et est précisée sur l’étiquette.
Selon l’UIPP, une zone adjacente est une zone jouxtant la parcelle cultivée exclusivement composée d’éléments du paysage pouvant influer positivement sur la biodiversité (jachères, arbres isolés, lisières de bois, bosquets, arbres en groupe ou alignés, zones herbacées, prairies permanentes, fossés, cours d’eau, mares, murets et friches). Il peut aussi s’agir d’un milieu semi-naturel constituant un habitat, une zone de transition et de déplacement favorable à la diversité des espèces végétales et animales.
- Largeur minimale de 3 m pour avoir un intérêt en biodiversité.
- Elle se décline en 2 ZNT : arthropodes ou plantes non cibles.
ZNT : Lieux publics sensibles en présence de personnes vulnérables
Les lieux sensibles sont définis dans l’article L.253-7-1 du Code rural. Il s’agit : des établissements scolaires, crèches, haltes-garderies, centres de loisirs, aires de jeux, centres hospitaliers et hôpitaux, établissements de santé privés, maisons de santé, maisons de réadaptation fonctionnelle, établissements accueillant des personnes âgées et handicapées ou atteintes de pathologie grave. Les personnes dites vulnérables sont les enfants, élèves, handicapés, malades et les personnes âgées.
Pour ces zones, l’épandage des produits phytosanitaires est subordonné à la mise en place de protections adaptées (haies, filets anti-dérive, buses anti-dérive, types de pulvérisateurs, dates et horaires d’utilisation des produits …), ou, à défaut, une distance minimale d’utilisation est fixée selon les situations locales ou les types de production (vigne, arboriculture, autres cultures) selon arrêtés préfectoraux.
DVP : Dispositif Végétalisé Permanent
Il s’agit d’une zone non cultivée et non traitée. Le DVP n’est pas réductible. Certaines spécialités nécessitent un DVP de 20 mètres le long des cours d’eau. Si un produit demande une ZNT de 20 mètres et un DVP de 20 mètres, il faudra ajouter 15 mètres aux 5 mètres de la bande enherbée obligatoire. Dans ces conditions, la réduction à 5 mètres est impossible et ce, malgré des buses antidérive !


4. LA PULVÉRISATION
CONSEILS DE PULVÉRISATION
Taille des gouttelettes
Elle est primordiale car des gouttes trop fines s’évaporent avant d’atteindre leur cible, à l’inverse si elles sont trop grosses, elles ruissellent sur le végétal. La taille doit être comprise entre 100 et 400 microns.
Hygrométrie de l’air
Minimum 60 %, optimum à plus de 80 % car les produits pénètrent mieux dans le végétal.
Vent
Inférieur à 19 km/h (force 3 sur échelle de Beaufort), ce qui correspond à une légère brise. Les feuilles et pétioles sont constamment en mouvement mais pas les petites branches.
Adjuvants
Ils améliorent la qualité de la pulvérisation et l’efficacité du traitement par leur action sur la dérive, la mouillabilité, l’étalement, l’adhésion, l’humectation, la pénétration, la dureté…
Buses anti-dérive
Les buses anti-dérive permettent une diminution de la dérive, une épartition homogène de la bouillie et une amélioration de l’efficacité du traitement.

Le saviez-vous ?
Même en absence de vent, les gouttes trop fines
dérivent !
Renseignez-vous auprès de votre
concessionnaire habituel.
5. BIEN STOCKER SES PRODUITS
GESTION DES EFFLUENTS
Le terme « effluents » désigne : les fonds de cuves, les eaux de lavage du matériel et du tracteur, les eaux de rinçage de la cuve et des circuits du pulvérisateur et les bouillies non utilisables. Les effluents phytosanitaires sont considérés comme des déchets dangereux. Plusieurs stratégies de gestion des effluents s’offrent aux agriculteurs :
Sur l’exploitation
Le Groupe ARMBRUSTER vous accompagne dans tout projet d’installation d’une aire de remplissage du pulvérisateur en accord avec toutes les contraintes réglementaires, environnementales et économiques. Nous vous proposons une solution innovante en partenariat avec Agrys by OCEANIA et ALCEM. La mise en place d’une aire de lavage et de remplissage du pulvérisateur étanche avec système de récupération des effluents est devenue obligatoire depuis l’arrêté du 12 septembre 2006.
A la parcelle
La vidange des effluents est autorisée, lorsqu’ils sont dilués au 100ème, une fois par an au même endroit, à plus de 50m d’un point d’eau et plus de 100 m d’un point de baignade ou de captage d’eau potable.
Pensez à l’enregistrer sur votre registre phyto !
LE LOCAL DE STOCKAGE
Le local de stockage des produits de santé des plantes est soumis à de nombreuses règles qu’illustre la figure ci-dessous. Il convient de respecter la réglementation en vigueur et de faire un inventaire régulier de vos stocks !

DES PHYTOS HORS LA LOI, CE N’EST PAS POUR MOI !
Il est tentant d’acheter sur internet des produits à moindre prix mais il convient d’être conscient des risques encourus :
- importation illégale
- produits contrefaits utilisant des substances actives interdites en France donc dangereuses pour votre santé quand vous les préparez ou appliquez
Pour lutter contre ces pratiques, les pouvoirs publics vont intensifier leurs contrôles auprès des professionnels.
Les sanctions : jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende !
6. RAPPELS RÈGLEMENTAIRES
LES ZONES DE CAPTAGE
La préservation des ressources en eau potable est un enjeu majeur notamment en Alsace. La multiplication des analyses, leur niveau de précision plus élevé ainsi que la recherche plus fréquente des métabolites (produits de dégradation des substances actives mères) mettent en évidence leur persistance dans les réserves d’eau potable.
Depuis peu, les zones de protection ont évolué, de nouvelles sont apparues. Ces zones visent à améliorer la protection des puits destinée à l’eau potable.
Rappelons qu’une zone de captage est composée :
- D’un périmètre de protection immédiate
- D’un périmètre de protection rapproché
- D’un périmètre de protection éloigné
- De l’air d’alimentation de captage
Parmi eux, il y a les captages prioritaires. Ce sont des captages où la qualité de l’eau est la plus dégradée. L’objectif de ces restrictions plus fortes, est de rétablir une qualité d’eau dans les meilleurs délais et de manière durable.

RÉGLEMENTATION GLYPHOSATE

7. MÉTHODES ALTERNATIVES
La protection des cultures contre les bio-agresseurs est une composante essentielle de la gestion des cultures. Or, le Plan Ecophyto 2018 et la révision de la Directive Européenne sur les substances phytopharmaceutiques incitent à limiter les usages de produits de santé des plantes et à développer des méthodes alternatives à la lutte chimique.
BONNES PRATIQUES AGRONOMIQUES
Rotation des cultures
Les rotations longues et diversifiées permettent de minimiser le développement des maladies, des attaques de ravageurs et des adventices. Les rotations longues limitent aussi les besoins en fertilisation dans la mesure où les différentes cultures sont capables de recycler, et/ou d’extraire différemment les éléments nutritifs présents dans le sol. Pour construire une rotation, il faut prendre en compte les principes suivants :
- lister les espèces adaptées au milieu
- introduire le maximum de familles et d’espèces différentes dans la rotation
- introduire au moins une légumineuse
- avoir au moins un tiers de céréales à paille
- introduire au moins tous les 3 ans, une interculture longue (par exemple, une culture de printemps)
- faire suivre les légumineuses annuelles par des cultures d’hiver exigeantes en azote ou à défaut par une culture intermédiaire
- alterner les cultures exigeantes en P et K avec des cultures peu exigeantes en ces éléments
- alterner entre cultures d’hiver et de printemps pour une meilleure gestion des adventices
L’aménagement de surfaces écologiques de compensation
Les bordures de champs, haies et l’implantation des bandes enherbées ou des zones tampons favorisent la biodiversité. Elles contribuent également à limiter l’érosion et le lessivage des sols et à empêcher la prolifération des mauvaises herbes.
Le travail du sol
Les techniques culturales simplifiées (TCS) permettent d’augmenter la teneur en matière organique (au niveau des horizons de surface), d’augmenter l’activité biologique du sol mais aussi de diminuer la lixiviation de l’azote (lessivage), de freiner l’érosion et de réduire les consommations de carburant. Le semis direct sous mulch (matériau limitant la levée des mauvaise herbes) diminue l’attractivité des céréales pour les pucerons, par effet indirectement répulsif du mulch mais aussi par celui plus direct des nombreux prédateurs polyphages présents. Ce mulch sert d’abris aux auxiliaires et favorise leur multiplication.
Les conditions de réussite dépendent d’une gestion très précise de l’interculture. L’utilisation d’un broyeur et d’un disperseur de paille est indispensable.
En non labour, il est d’autant plus recommandé d’éviter le tassement des sols. Pour cela, il est conseillé :
- de travailler le sol et de récolter dans la mesure du possible en conditions sèches
- d’utiliser des pneus basse pression (en particulier pour le matériel de récolte)
- d’effectuer éventuellement, dans les sols limoneux, un décompactage.
Mais attention, ces techniques sans labour augmentent aussi en parallèle le risque de présence de mycotoxines si elles ne sont pas bien maîtrisées. Durant les années défavorables, elles peuvent ainsi rendre les céréales impropres à la consommation humaine. Les TCS augmentent également le risque de salissement des parcelles dû à l’absence de labour et de son effet « désherbage ».
Les variétés résistantes et dates de semis
La variété doit être adaptée au milieu pédoclimatique et, quand cela est possible, il faut privilégier une variété dite résistante à un bio-agresseur. Le choix de la variété est indissociable du choix de la date et de la densité de semis, qui ont eux-mêmes des conséquences en matière de développement parasitaire, de maladies et d’adventices. La protection intégrée des cultures propose de combiner des méthodes préventives ayant pour but de placer les plantes cultivées dans les meilleures dispositions pour résister à l’ensemble de leurs bio-agresseurs.
Dans un certain nombre de situations, notamment liées à des conditions météorologiques annuelles particulièrement favorables au développement d’un bio-agresseur, ou ayant limité la mise en place des mesures évoquées ci-dessus, il devient cependant nécessaire de mettre en œuvre des méthodes de lutte directe qui peuvent être d’ordre physique ou biologique.
LES TECHNIQUES ALTERNATIVES AU DÉSHERBAGE CHIMIQUE
Le remplacement de passages d’herbicides par des interventions mécaniques constituent un levier opérationnel pour réduire les IFT herbicides.
Le faux semis
Il consiste à réaliser une préparation de sol comme pour un semis classique de manière à faire germer les graines d’adventices afin de les détruire ensuite chimiquement ou mécaniquement. En grandes cultures, il consiste en un ou plusieurs déchaumages superficiels avec rappuyage.
Le désherbage mécanique
Il repose sur l’utilisation d’outils pour lutter contre le développement des adventices. Trois outils sont couramment utilisés en désherbage mécanique :

Le désherbinage
Il associe un désherbage mécanique sur l’inter-rang à un désherbage chimique localisé sur le rang. L’objectif est d’éliminer certaines adventices par une méthode mécanique, notamment les dicotylédones annuelles, en réduisant ainsi la quantité d’herbicide appliqué.
Les conditions météorologiques ainsi que le stade des adventices sont deux critères qui vont influencer d’une part le choix de l’outil et d’autre part la qualité du résultat. Les meilleures efficacités sont finalement obtenues grâce à un désherbage de pré-levée suivi d’un désherbage mécanique en post-levée de la culture.
BIEN CHOISIR SON OUTIL DE DÉSHERBAGE MÉCANIQUE
Différents paramètres peuvent aider à orienter le choix de l’outil le plus approprié à un système : le type de sol, les cultures à désherber ou encore les stades des adventices. Le tableau suivant apporte des clés pour guider ce choix.

Les trois outils de désherbage mécanique nécessitent un sol ressuyé, nivelé et rappuyé pour travailler efficacement.
Outre ceux décrits ci-dessus, il existe encore une autre technique plus rarement utilisée : les barrières physiques (filets verticaux, films plastiques étanches aux insectes, bandes pièges, poudres inertes à base de silice aux propriétés abrasives et desséchantes).
LE BIOCONTRÔLE
Qu’est-ce que le biocontrôle ?
C’est l’ensemble des méthodes de protection des végétaux qui reposent sur l’utilisation de mécanismes naturels, à travers le recours à des mécanismes et interactions qui régissent les relations entre espèces dans le milieu naturel.
Ainsi, le principe du biocontrôle est fondé sur la gestion des équilibres des populations d’agresseurs plutôt que sur leur éradication.
Intérêts du biocontrôle
Les produits de biocontrôle de mécanismes naturels permettent de déjouer les phénomènes de résistances. Plus respectueux de l’environnement et de la santé de l’applicateur, ils élargissent également la gamme des moyens de lutte disponibles dans un contexte de raréfaction des solutions chimiques disponibles.
LES PRODUITS DE BIOCONTRÔLE SE CLASSENT EN 4 FAMILLES
Les macro-organismes auxiliaires
Ce sont des organismes qui sont des ennemis naturels des « ravageurs », par exemple des prédateurs tels que la coccinelle et la chrysope qui dévorent ou vident leurs proies, des acariens phytoséiides contre d’autres acariens tétranyques, des nématodes entomopathogènes contre certains insectes… Il y a aussi ceux qui utilisent le ravageur pour se développer et cela conduit à la mort de l’hôte. Ce sont des parasitoïdes : petits vers microscopiques phytophages des hyménoptères et diptères ou autres petites guêpes et mouches.
Les micro-organismes
Il s‘agit de virus, bactéries, champignons très infectieux (donc pathogènes) qui provoquent des épidémies
anéantissant totalement les populations de ravageurs.
Les médiateurs chimiques
Ils comprennent les phéromones d’insectes et les kairomones. Ils permettent le suivi des vols et le contrôle des populations d’insectes ravageurs par le piégeage et la méthode de confusion sexuelle.
Les substances naturelles
Présentes dans le milieu naturel, elles peuvent être d’origine végétale, animale ou minérale.

BIEN CHOISIR SA MÉTHODE ALTERNATIVE
Le tableau ci-dessous permet en un clin d’oeil de recenser en fonction de la culture ou de la cible la méthode alternative accessible.

Pour en savoir plus : consulter le portail de la protection intégrée des cultures ECOPHYTOPIC :
https://ecophytopic.fr/
BIODIVERSITÉ
La biodiversité est au coeur des préoccupations du Groupe ARMBRUSTER afin de préserver l’environnement dans lequel vous évoluez, et péréniser vos exploitations à long terme pour les générations futures.
Nous avons développé un catalogue de produits pour vous aider à augmenter la biodiversité au sein de votre exploitation. Vous y trouverez :
- Nichoirs à oiseaux
- Abris à insectes
- Abris pour faune
- Arbres fruitiers
- Arbustes
- Jachères et couverts végétaux
